Aujourd’hui, de plus en plus de salariés travaillent assis, souvent devant un écran, et le développement des outils numériques et du télétravail renforcent cette tendance.
Si tous les secteurs d’activité peuvent être concernés, le secteur tertiaire est probablement le plus impacté. Or, rester plusieurs heures sans bouger à son poste de travail peut avoir des conséquences sur la santé et favoriser l’apparition de certaines maladies.
Pour limiter ces risques, l’employeur doit mettre en place des mesures de prévention adaptées, en agissant à la fois sur les équipements et sur l’organisation du travail.
Le saviez-vous ?
En France, nous passons en moyenne 7 heures par jour à effectuer des activités sédentaires. L’OMS recommande de pratiquer au minimum chaque semaine : 2h30 d’activité modérée (30 minutes/jour 5j/7) ou 3x25 minutes d’activité intense.
Sédentarité : de quoi parle-t-on ?
La sédentarité est définie comme une « situation d’éveil caractérisée par une dépense énergétique proche de la dépense énergétique de repos en position assise ou allongée ».
Elle correspond ainsi au temps passé en position assise ou allongée dans la journée, hors temps de sommeil ; que ce soit sur le lieu de travail, lors des déplacements en transports motorisés, ou lors des loisirs, notamment devant les écrans.
Deux notions de temps délétères :
- Une durée cumulée journalière + de 5h
- Un aspect ininterrompu de la phase sédentaire (+ de 30 min consécutives).
Il est important de noter que la sédentarité diffère de l’inactivité physique : on peut être sédentaire tout en ayant une activité physique quotidienne.
Effets sur la santé
L’exposition prolongée aux postures sédentaires peut être à l’origine de divers effets sur la santé. Ils sont liés à la fois aux durées des périodes ininterrompues passées en postures sédentaires et à la durée cumulée journalière de ces périodes.
Principaux effets sur la santé associés aux postures sédentaires :
- Elévation du taux de mortalité toutes causes confondues et du taux de mortalité cardiovasculaire ;
- Risque accru de développement de certaines formes de cancer, de pathologies cardiovasculaires, d’un diabète de type II et d’une obésité ;
- Développement de troubles musculosquelettiques (TMS), telles que les lombalgies, ou encore d’effets sur la santé mentale, comme l’anxiété ou la dépression.
Au-delà des conséquences médicales, la sédentarité peut également avoir un impact sur la qualité de vie, le sommeil, l’énergie au quotidien et les capacités de concentration.
La sédentarité doit être considérée comme un risque professionnel à part entière qui peut nuire à la santé des salariés.
Comment agir ?
Des mesures de prévention existent pour réduire les risques liés à la sédentarité, permettant d’agir à la fois sur les équipements et sur l’organisation du travail.
L’objectif de ces actions étant de favoriser la rupture des postures sédentaires (idéalement toutes les 30 minutes), et de limiter la durée cumulée (idéalement à moins de 5 heures par jour).
Organiser le travail
Il est conseillé que l’organisation du travail permette :
- D’alterner les tâches nécessitant une posture sédentaire avec des tâches pouvant être réalisées dans d’autres postures (debout, en se déplaçant…) ;
- D’alterner les postures pour une tâche donnée : certaines tâches peuvent s’effectuer dans différentes postures (sous réserve d’un aménagement adapté de l’environnement de travail) ;
- De donner la possibilité aux salariés de s’accorder des pauses actives et régulières (exercices doux, étirements).
Aménager l’environnement de travail
Les espaces de travail doivent être aménagés de façon à ce que les salariés aient la possibilité de changer de postures et de se déplacer régulièrement afin de rompre le maintien des postures sédentaires :
- Installer des espaces techniques (imprimante, photocopieuse…) à l’écart des postes de travail afin d’encourager les déplacements ;
- Proposer des bureaux à hauteur variable permettant l’alternance entre travail assis et debout ;
- En fonction de la nature des tâches effectuées, proposer des aménagements plus dynamiques du poste de travail permettant d’ajouter une activité physique légère à l’activité de travail (ergocycle, tapis roulant, siège ballon…) ;
- Aménager des salles de réunions dites « actives », permettant de limiter le recours aux postures sédentaires, en mettant à disposition des équipements tels que des tables hautes, des ergocycles… ;
- Proposer du mobilier permettant de choisir entre posture assise et posture debout dans les espaces de convivialité.
Sensibiliser, informer et former
- Mettre à disposition des supports d’information et des ressources pratiques pour sensibiliser les salariés aux risques liés à la sédentarité et aux moyens pour agir (favoriser les escaliers, alterner régulièrement les postures, prendre les appels téléphoniques debout…) ;
- Promouvoir et aider les déplacements actifs lors des trajets domicile-travail (vélo, marche, trottinette…) ;
- Promouvoir l’activité physique (30 min d’activité physique dynamique, 5x/semaine en variant les types d’activité : renforcement musculaire, cardio, assouplissements…).
De grands principes doivent être respectés afin que les actions proposées soient adaptées aux spécificités de l’activité et aux caractéristiques individuelles des salariés :
- Une analyse de l’activité est un préalable indispensable à la mise en œuvre des mesures de prévention ;
- Les salariés doivent être consultés et être associés aux choix concernant l’aménagement des postes de travail et l’organisation de leur activité ;
- Les salariés doivent aussi être informés et formés à l’utilisation des différents équipements mis à leur disposition ;
- L’organisation du travail doit mettre à disposition les ressources nécessaires au développement de la marge de manœuvre des salariés.
Ressources utiles
DREETS
Fiche Question Prévention n°20 “Je veux lutter contre la sédentarité de mes collaborateurs, à quoi dois-je penser ? ”
