Zoom sur le travail en horaires atypiques
Les horaires atypiques sont aujourd’hui très répandus dans de nombreux secteurs (santé, transport, commerce, sécurité, industrie…). Bien qu’ils soient parfois nécessaires pour assurer la continuité de certaines activités, ils peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé, la sécurité et la vie sociale des travailleurs.
Horaires atypiques : de quoi parle-t-on ?
Les horaires atypiques désignent tous les aménagements du temps de travail qui ne sont pas « standards ».
Le travail standard correspond aux configurations suivantes : 5 jours réguliers par semaine du lundi au vendredi, avec des horaires compris entre 5 et 23 heures, une pause méridienne et en général 2 jours de repos hebdomadaires.
Ainsi, toute organisation du travail différente de ce modèle est considérée comme un horaire atypique : travail de nuit, le week-end, horaires décalés, irréguliers ou fragmentés…
Parmi les secteurs d’activité recourant le plus souvent à ces organisations : ceux qui assurent la continuité de la vie sociale, comme l’hôtellerie-restauration, le commerce ou le transport-entreposage sont les principaux, ainsi que les salariés de la fonction publique chargés de la protection et la sécurité des personnes ou encore la permanence des soins.
Le travail « en équipes successives et alternantes » (travail posté) et le travail de nuit font partie des facteurs de pénibilité visés par le Code du travail.
Effets sur la santé et accidents : quels impacts ?
L’être humain fonctionne selon des rythmes biologiques naturels (« horloge interne »). Ces rythmes sont liés à l’alternance jour / nuit (lumière du soleil) et aux variations de température sur une période de 24 heures.
Lorsque l’on travaille en dehors de la journée, par exemple la nuit ou très tôt le matin, ces rythmes peuvent être perturbés. Cela peut avoir différentes conséquences sur la santé.
Le travail en dehors des périodes diurnes perturbe ces rythmes et peut être à l’origine de :
- Troubles du sommeil : insomnie, sommeil diurne souvent de mauvaise qualité, fatigue, somnolence, baisse de vigilance (risque accru d’accidents entre 3h et 5h)…
- Troubles digestifs et métaboliques : habitudes alimentaires perturbées (prise de poids), troubles gastriques (ulcère), diabète, hypercholestérolémie…
- Troubles cardio-vasculaires : hypertension, angine de poitrine…
- Troubles psychologiques : agressivité, irritabilité, stress, dépression, baisse des réflexes…
- Consommations excessives de somnifères et/ou stimulants (café, alcool, médicaments, drogues…).
Les horaires décalés ou irréguliers peuvent également avoir des conséquences socioprofessionnelles : difficultés à concilier vie professionnelle et vie personnelle, isolement social, diminution du temps passé en famille, difficultés d’organisation de la vie sociale et des loisirs…
Comment agir ?
Des mesures de prévention permettent de réduire les risques liés aux horaires atypiques.
L’employeur doit réaliser une évaluation des risques liés aux postes concernés et mener des actions sur le contenu et l’environnement du travail, sur l’organisation du travail (rythmes et horaires de travail).
Il doit également assurer une formation, sur les risques et leur prévention, aux salariés qui pratiquent ces horaires.
Dans tous les cas, il est primordial que les salariés soient impliqués à l’organisation de leurs plannings, et que les mesures de prévention soient discutées de façon collective. En effet, l’adhésion des salariés est un facteur important de l’acceptation de ces horaires.
Pour aller plus loin
Dépliant INRS
« Le travail de nuit et le travail posté : quels effets ? Quelle prévention ? »
Fiche INRS ED6324
Fiche solution INRS « Optimisez les horaires et les rythmes de travail »
Fiche INRS ED6325
Fiche solution INRS « Adaptez le contenu et l’environnement de travail »
